Partageant sa vie entre Lyon,
Versailles, Boulogne et le quartier de Javel, Henri Chalet milite ardemment
pour la renaissance de l'activité chorale en France. « Nous
avons toujours chanté dans les églises », observe-t-il.
« Du Moyen Age à nos jours. Les maîtrises étaient implantées partout
jusqu'à la Révolution. Notre retard par rapport à l'Angleterre
et à l'Allemagne remonte à cette période. Nous remontons aujourd'hui
la pente, mais nous venons de loin. Beaucoup de diocèses cherchent
à créer des manécanteries ». Un chœur est aussi une école
de la vie, un apprentissage vertueux. « On est actif dans le chœur »,
poursuit Henri Chalet. « Chacun développe ses possibilités dans
un esprit de groupe. Tous les ans, nous allons à Vallorcine, en Haute
Savoie, tous ensemble, pour travailler. Cela permet d'intégrer les
nouveaux dans le groupe qui comprend une trentaine de chanteurs, de
8 à 30 ans. Nous prenons tout le monde et c'est au
chef de chœur d'être compétent pour faire s'épanouir le chanteur ».
Le chœur de Saint Christophe
a participé à la programmation « jeune public » de l'Opéra Bastille
pour deux spectacles musicaux : le Sourire au pied de l'échelle, d'après
Henry Miller, et der Mond, sur une musique de Carl Orff : « à
chaque fois, nous avons donné huit représentations. Depuis deux ans,
nous avons mis en place des ateliers d'éveil musical pour les 4/6
ans et un chœur préparatoire pour les 6/8 ans. Il faut prendre les
enfants le plus tôt possible et créer en eux une exigence qu'on
ne trouve plus….Pour s'épanouir,
il ne faut pas un trop grand chœur. Mieux vaut plusieurs chœurs petits
et doués qu'un grand chœur insuffisamment formé. »
Pour Henri Chalet, la mission
éducative du chant est essentielle. C'est l'éthique même de sa
vocation musicale : « Ce travail d'éducation, d'éveil de
la personnalité au sein du groupe est incomparable. Il faut respecter
son voisin et assumer un travail commun sans se limiter soi-même. Vivre
l'expérience d'un chœur rend les gens plus réactifs et plus solidaires.
Cet ensemble n'a pas de limites. Sauf celles du budget… »